
Étape II
D'une rive à l'autre de la Méditerranée
À l’évocation du Marais juif, on pense souvent aux immigrants venus d'Europe centrale et orientale. Pourtant, le quartier Saint-Gervais accueille également une importante population juive originaire d'Afrique du Nord dès les années 1920. Les archives montrent que la rue François-Miron constitue alors l'un des principaux foyers de cette présence.
On y trouve des cafés, des restaurants et des commerces tenus par des familles venues d'Algérie, du Maroc et de Tunisie. Pas moins de cinq cafés tenus par des séfarades sont recensés dans la rue : le café Gharbi au n°7, le café Draï au n°15, le café Bouanich au n°30, le café Elbaz au n°46 et le café Sabba au n°50.
Parmi les habitants du quartier figure Simon Halali, plus connu sous le nom de Salim Halali, l'une des plus grandes voix de la musique judéo-arabe du XXᵉ siècle. Pendant l'Occupation, il vit rue François-Miron avec sa famille. Sa sœur Berthe Halali est domiciliée au 36 rue François-Miron avant son arrestation et sa déportation à Auschwitz en 1943 avec son jeune fils Claude.
Le samedi soir, les cafés du quartier accueillent chanteurs et musiciens orientaux. Salim Halali lui-même s'y produit régulièrement. Les sonorités du judéo-arabe y résonnent alors aux côtés du yiddish, parlé majoritairement dans les autres rues du Marais juif.
